• L'histoire des fameux Registres que je devrais numériser pour le compte de l'AGC16

    Quinze registres paroissiaux disparus reviennent au bercail

    Quinze registres paroissiaux disparus depuis cinquante ans sont revenus à Jarnac hier (article CL du 14/04/2011).
    Ils étaient à vendre sur le net. Les gendarmes les ont récupérés à Brillac.

     

     

    Le maire de Jarnac, Jérôme Royer, a récupéré hier après-midi les registres disparus, en présence de la directrice des archives départementales et des gendarmes. Photo B. C.

    Ils avaient disparu depuis belle lurette. Et c'est un peu comme si leur dernier emprunteur, l'abbé Gaudin - un vieux curé de Jarnac féru d'histoire - avait emporté leur secret dans sa tombe.

    Mais hier après-midi, près d'un demi-siècle plus tard, les quinze registres paroissiaux (1) des XVIIe et XVIIIe siècles que l'on croyait perdus ont fait leur grand retour.

    «C'est un trésor inestimable, tout un pan de la mémoire de Jarnac qui revient» se réjouit Jérôme Royer, le maire de la «cité dans le coup». Les feuillets jaunis, griffonnés depuis 1600 et des poussières, vont faire le bonheur des généalogistes, bloqués pendant des années sur leurs aïeux jarnacais de l'époque.

    La restitution de ces documents évaporés - dont on ne connaîtra d'ailleurs jamais le cheminement exact - est le fait d'un coup de chance. Un chauffeur routier passionné de généalogique est tombé dessus par hasard en début d'année, sur le site internet belge d'enchères «Delcampe.net».

    «Il a été scandalisé que l'on puisse vendre des documents pareils et m'a prévenue» raconte Isabelle Maurin-Joffre, directrice des archives départementales.

    Immédiatement, une cellule de récupération est mise en oeuvre par la mairie de Jarnac, en étroite collaboration avec la gendarmerie qui confesse que ce genre d'enquêtes est plutôt rare.

    Le volume était mis à prix 150€

    «Ce sont des documents auxquels tout le monde doit pouvoir accéder» insiste la directrice des archives. Une plainte est déposée pour vol, recel et détention de documents publics. Les deux gendarmes sur le coup ont tôt fait de remonter la filière, après qu'une employée de la Ville se soit fait passer pour une acheteuse.

    «Il n'y avait qu'un registre aux enchères, mis à prix à 150€, témoigne-t-elle. Mais quand j'ai téléphoné, il m'a dit qu'il en avait 14 autres. Cette fois, la preuve était faite que c'étaient nos documents.» L'homme, un brocanteur de Brillac qui en disposait en dépôt-vente, ne fait pas d'histoire quand les gendarmes se présentent chez lui, fin janvier. Les sanctions sont lourdes (lire l'encadré).

    Quelques formalités et une autorisation du Parquet plus tard, le bien peut être restitué. Soucieux de leur conservation, le maire de Jarnac - qui avait envisagé de les racheter si on n'avait pu faire autrement - prévoit de les faire numériser, au même titre que le reste de l'état-civil de la ville.

    (1) Des communautés protestantes et catholiques.

    Vol de registres: ce que dit la loi

    Il faut savoir que le Code pénal punit les contrevenants.

    Les articles 432-15, 432-16 et 433-4 définissent les peines encourues. Elles varient selon la nature de la substitution et la fonction de leur auteur. ça coûte dans la plupart des cas quelques dizaines de milliers d'euros d'amende, assortis de peines de prison. Le maximal encouru: 150.000€ d'amende et dix ans de prison, pour les dépositaires en titre fort peu scrupuleux.

    Le maire d'une commune bretonne a été condamné en 2010 pour recel de registres d'état-civil.

    Source: Charente Libre.fr

    « Numérisation d'ArchivesHistoire de la Pyramide de Condé »