• Échange Fille de Roy contre Prisonniers

    Marie Thérèse Charlotte de France, née le 19 décembre 1778 à Versailles et morte le 19 octobre 1851 à Frohsdorf en Autriche, est la fille aînée du roi Louis XVI et de Marie-Antoinette d’Autriche. Elle est le seul membre de la famille royale stricto sensu à avoir survécu à la Révolution de 1789. Le 10 juin 1799, en épousant son cousin, Louis, elle devient duchesse d’Angoulême, puis dauphine de France, puis en exil comtesse de Marnes.

    • Naissance et baptême à Versailles

    Marie Thérèse Charlotte de France est appelée « Madame » ou « Madame Royale », sa mère l’appelant toutefois par le surnom de « Mousseline la Sérieuse ». Elle est le premier enfant de Louis XVI et de Marie-Antoinette, né après plus de huit ans de mariage.

    Marie-Thérèse est baptisée le 19 décembre 1778, jour de sa naissance, dans la chapelle du château de Versailles par le cardinal-évêque de Strasbourg, grand aumônier de France, en présence d’Honoré Nicolas Brocquevielle, curé de l’église Notre-Dame de Versailles : son parrain est un cousin de son père, le roi Charles III d’Espagne, représenté par Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, et premier dans l'ordre de succession. Sa marraine est sa grand-mère maternelle, l’impératrice-douairière Marie-Thérèse, représentée par la comtesse de Provence.

    La princesse royale Marie-Thérèse-Charlotte, couramment appelée par son troisième prénom, connut une enfance de fille de France dans une cour de Versailles unique en son genre. De nombreux écrits, notamment les mémoires de la baronne d’Oberkirch, témoignent du caractère orgueilleux de la jeune princesse, que Marie-Antoinette se souciait beaucoup de corriger.


    Mousseline la sérieuse

    C’est une enfant de dix ans qui se trouve confrontée aux violences de la révolution lors de l’installation forcée de sa famille au palais des Tuileries à Paris le 6 octobre 1789. Le comte de Fersen convainc le roi et la reine de s’enfuir (épisode de Varennes-en-Argonne) le 20 juin 1791. La famille royale (le roi, déguisé en valet, la reine, déguisée en chambrière, la sœur du roi, Madame Élisabeth, le dauphin habillé en fille, Marie-Thérèse et la marquise de Tourzel, gouvernante des enfants) se font prendre et sont ramenés, non sans risque pour leur vie, au château, puis, après une dernière émeute, le 10 août 1792, emprisonnés à la prison du Temple. À l’issue de son procès commencé en décembre, le roi déchu est condamné à mort alors que Marie-Thérèse a quatorze ans. Elle commence peu avant l’exécution de son père (le 21 janvier 1793) à écrire ses mémoires[réf. nécessaire]. En septembre 1793, sa mère est transférée à la Conciergerie de Paris et elle est séparée de son frère cadet.

    Dans un premier temps, alors que l’attention de tous est fixée sur le roi et la reine, les enfants restent dans l’ombre. Après l’exécution de son père le 21 janvier et de sa mère le 16 octobre 1793, elle reste seule avec sa tante paternelle, Madame Élisabeth, 28 ans, et son jeune frère Louis, âgé de 7 ans.

    • Premier exil

    La situation change après le décès de la reine : les survivants, le dauphin, Marie-Thérèse et leur tante "Madame" Élisabeth, ne peuvent être jugés pour des crimes politiques dont ils sont innocents. Ils sont dès lors enfermés pour ce qu’ils représentent : il s’agit de les séparer.

    Le 10 mai 1794, Madame Élisabeth est à son tour guillotinée. Le jeune Dauphin meurt à l'âge de 10 ans, des suites de mauvais traitements et de tuberculose le 8 juin 1795.

    Marie-Thérèse qui passe son adolescence en prison n’apprend leur mort qu’en juillet 1795. Elle puise un grand réconfort moral dans sa foi.


    Marie-Thérèse de France à 17 ans (Füger, 1796).

     

     

     

     

     

    Finalement libérée le jour de ses dix-sept ans (19 décembre 1795), la princesse est échangée contre les Français (Pierre Riel de Beurnonville, Jean-Baptiste Drouet, Hugues-Bernard Maret, Armand-Gaston Camus, Nicolas-Marie Quinette et Charles-Louis Huguet de Sémonville) capturés par l’armée autrichienne. En quittant la France, elle aurait versé des larmes, ne tenant aucune rigueur aux Français pour ses malheurs comme elle l’écrit dans ses mémoires. Dès lors, elle vécut à Vienne accompagnée par François Hue, à la cour de son cousin germain l’empereur François II, qu’elle tient cependant pour responsable de la mort de sa mère, en raison de son inaction. Son séjour forcé à Vienne la rendit froide et maussade, et cela ne lui donna que peu de contacts avec les émigrés français qu’elle ne pouvait par ailleurs pas aider financièrement. (Wikipédia)

    Relevé sur les Affiches d'Angers de Nivose de l'An IV

    « Qu'ouie-je, qu'entends-je ?Jean-Baptiste Drouet »