• Ce Coteau vaut bien une Messe

    Il est souvent donnée une messe pour un défunt, certains même payent à l'avance une Messe Anniversaire, pour que celle-ci soit données tous les ans en leur mémoire.
    C'est un Coteau qu'a légué Jacques DOHIN contre une messe anniversaire.

     

                                                                                                     Mars 1616

                                 Jaques               Le premier jour de mars a este inhumé le corps de
                                 Dohin                 Jacques Dohin au cimetière de la Pouëze par moy prestre
                                                            soulzsigné et lequel a faict laïe(1) d'un cloteau(2) de terre sise au
                           Pièce de terre         bas de la pierre de Sainte Emerance(3) a la Boestte des
                           donnée à la             trepasses(4) a la charge de celebrer tous les ans une
                    boese des trepasses     grande messe au jour de sa sepulture a son intention et amis
                                                            trépassés
                     

     

    Ce Chateau vaut bien une Messe
    AD 49/ La Pouëze/BMS 1592-1639 vue 125/166

    • (1) Cloteau =   Coteau

    • (1) Laïer =   Bailler

    • (3) Sainte-Émerance: 
      À la fin du XVe siècle, Louis XI convoitait l'Anjou (province appartenant à son oncle le roi René) pour agrandir le royaume de France. Il aimait venir y chasser avec son ami Louis de Beaumont, seigneur du Plessis-Macé, tout en surveillant l'héritage.


      Au cours d'une partie de chasse en forêt de Longuenée qui s'étendait alors jusqu'au Plessis-Macé, il fut pris de violentes coliques « qui le plièrent en deux et le culbutèrent sur le gazon ». Jean Bourré, son trésorier, seigneur du Plessis-Bourré, qui l'accompagnait, lui conseilla d'invoquer sainte Emérance, qui avait un oratoire à La Pouëze, village tout proche, et qui guérissait des maux de ventre. Il l'implora, il fut guéri et il promit de faire construire une chapelle à la place de l'oratoire. La chapelle fut construite en 1472. Il lui fit faire une belle statue en argent doré y fit transporter des reliques de la sainte.

      La chapelle est longue de 70 pieds sur 26 de large, la chapelle est orientée d'ouest en est. Elle est construite en granit et tuffeau, avec des contreforts massifs contre la poussée des voûtes. L'entrée à l'ouest est de style gothique tardif. Le portail est couronné d'une belle accolade à chou frisé entre deux montants fleuronnés. La porte sud est gothique flamboyant avec deux anges présentant l'emblème royal.

      À l'intérieur, les voûtes gothiques sont de style Plantagenêt. On retrouve sur certaines clés de voûtes les trois fleurs de lys des rois capétiens et les armes du dauphin Charles VIII. C'est une chapelle à nef unique avec une abside et une chapelle latérale à croisée d'ogives.

      L'autel conserve son ancien retable en pierre du XVe siècle, flanqué de deux pinacles fuselés avec une bordure de délicates guirlandes de fleurs, de pampres et d'arabesques. Une très belle statue moderne en pierre polychrome de la sainte remplace la statue en argent dorée offerte par Louis XI (de la grandeur d'une petite fille) et fondue à la révolution. Elle représente Ste Emérance portant dans son tablier les pierres de sa lapidation. La porte sacraire, du XVe siècle, est décorée en plis de serviette.

      L'édifice est classé monument historique depuis 1959, la porte sacraire et le retable depuis 1979.

      Une cérémonie y a lieu chaque année, autour du 23 janvier (Ste Emérance est le 23 janvier). Au cours d'une messe, on vient prier la sainte contre les maux de ventre, les peurs. À l'issue de la cérémonie, les fidèles dégustent la prune à l'eau-de-vie. Dans une époque plus lointaine des milliers de pèlerins accouraient de toutes parts ce jour-là mais on venait aussi en pèlerinage lors de catastrophes naturelles.

          Sainte Émérance (ou Émerentienne) est une sainte romaine. Elle vivait à Rome à la fin du temps des grandes persécutions, vers l'an 304. Elle était de condition modeste et sœur de lait de sainte Agnès, martyrisée le 21 janvier. Le 23 janvier, alors qu'elle priait sur la tombe de sa sœur, elle fut lapidée par les soldats romains après avoir montré une bravoure admirable. Elle avait 13 ans. Dès lors, les braves l'invoquèrent pour avoir du courage et les poltrons pour vaincre la peur. Comme la peur est souvent cause de coliques ou maux de ventre, on l'invoqua pour tout dérangement intestinal. La guérison du roi Louis XI renforça cette croyance.

      Trois sites ont accueilli les reliques de la sainte : La Pouëze, les Carmes d'Angers et Le Longeron. L'église de Pellouailles et la chapelle de Chandemanche à Morannes lui étaient dédiées.

      On trouvait sa statue à Chateaupanne, à Cizay-la-Madeleine, à Varennes-sous-Montsoreau, à Vern-d'Anjou, à la gaucherie aux Dames de Montilliers, à Saint-Georges-du-Bois, à Epiré, à Andard, à Brigné, à Champteussé-sur-Baconne, à Rochemeunier. Plusieurs de ces statues ont disparu depuis un demi-siècle.

      En l'église de Cunault, on trouve l'image de la sainte peinte sur une des colonnes (XV siècle); son visage est presque totalement effacé. À Saint-Macaire-du-Bois, un tableau évoquait le martyr de la sainte. À Cheviré-le-Rouge, un vitrail du XIX siècle lui est dédié. À Louresse-Rochemenier, St Georges des Bois on tirait la cloche pour éloigner l'orage. À Champteussé-sur-Baconne, on invoquait Ste Emerentienne une bougie allumée à la main pour soulager ses maux de ventre.


    • (4) la Boestte des trepasses:

      La fabrique et la boîte des Trépassés de l'église était un conseil formé de paroissiens chargés de gérer les biens et les revenus obtenus grâce aux legs ou aux fondations pieuses des fidèles, mais aussi grâce aux quêtes, aux ventes de cierges, aux paiements des autorisations d'inhumation dans l'église...
      Les procureurs de la fabrique, que l'on appelait les fabriciers (ou fabriciens) ou les marguilliers, pouvaient agir en temps que procureur des habitants de la paroisse.
      C'est cet organisme qui était chargé d'entretenir la nef de l'église.
      Jusqu'au début du XVIIe siècle, la boîte des Trépassés, qui avait une organisation comparable à la fabrique mais qui était surtout spécialisée dans la gestion des fondations de messes faites lors d'anniversaire de décès, avaient des biens propres gérés à part. Mais ces biens étaient gérés la plupart du temps avec les biens de la fabrique.

       

    • Sources: Tatiana Yvon pour la traduction (un grand merci), Wikipédia, archives-athee-sur-cher.org.

       

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